PLAIDOYER POUR VOS SOLDATS

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PLAIDOYER POUR VOS SOLDATS


" Le héros c’est celui qui fait ce qu’il peut." Romain Rolland

En Afghanistan, en Afrique, partout où je rencontre nos soldats en opérations, je croise de jeunes héros. Ils sont bien de notre temps, mais vous les côtoyez souvent sans les voir, car ils ressemblent banalement à tous ces jeunes de France, qui vivent dans nos villes et nos campagnes. Ni lansquenets, ni bêtes de guerre, ils sont vos enfants, vos voisins, et aussi des jeunes filles et de jeunes mamans que l’on reconnait mal sous le casque et le gilet pare-balle. Beaucoup ont une famille, qui partage ce métier sans l’avoir choisi, au gré des mutations et des absences, sans espérer grand-chose en retour sinon la considération et le soutien de leurs concitoyens, quand un drame survient.




Ils portent les armes de la cité en votre nom, et chaque jour s’en servent, où vous les envoyez. Car leur métier est bien la guerre, même si pour bien en mesurer le coût,  ils chérissent plus que tout la paix…

Ils acceptent de payer le prix du sang, l’épreuve de la blessure. Mais, disent-ils, s’ils deviennent invalides, alors que ce soit « de guerre ». Leur plus grande crainte est d’être un jour regardés comme des victimes, maladroites ou incompétentes, qu’on aurait bernées dans une mauvaise aventure…Car même au fond d’un lit d’hôpital, leur silence et celui de leurs proches ne doivent pas faire oublier qu’ils sont fiers et soucieux de leur honneur.

Ils croient que la mission est sacrée, et qu’une vie peut lui être consacrée. Ils savent confusément qu’il n’est pas inique que l’individu se donne, corps et âme, à la collectivité. Ils y verraient même une certaine noblesse, ou un trait qui les distingue et les grandit et c’est pour cela qu’ils ne sont pas des mercenaires. Mais ils le deviendront quand la cité ne les reconnaitra plus pour cette singularité !




Les soldats ont le tort d’être pudiques, quand il faut se vendre. Celui de ne pas être compris, parce qu’ils s’expliquent trop peu, se réfugiant dans un silence qui préserve les familles et évite les malentendus. Il est si difficile de témoigner de nos épreuves sans le recul du temps ! Mais quand bien même ils parleraient, pourquoi écouterait-on, quand rien n’y oblige, ceux qui finalement incarnent le tragique de la vie ? La mort leur colle à la peau alors que la société l’a rayée de son quotidien.

Pourtant, il n’est de héros sans légende. Et il suffirait ici de dire les faits, dans leur brutale simplicité. De considérer qu’en dehors de toute option politique le sacrifice d’un jeune Français pour les siens est une valeur en soi digne d’intérêt. Qui pourrait le faire, sinon les médias ? A de rares exceptions près –quelques émissions tardives, et d’excellents articles, si l’on cherche bien-  c’est plutôt le silence qui règne, toujours moins cruel cependant que les quelques mots qui expédient nos pertes – chaque semaine -  entre page judiciaire et météo du lendemain.




Alors quoi, finalement ? Notre société, si évoluée, avide de libertés et de loisirs, a-t-elle encore besoin de héros, et de légendes ? Chacun connait la réponse. Les jeunes Français sont capables de donner vingt noms de footballeurs et chanteurs en tous genres devenus icônes de leur quotidien en délivrant le message de la célébrité et de l’enrichissement. Combien, d’individus qui – quel que soit leur métier - ont choisi de consacrer leur vie aux autres ?

Ces gamins de 20 ans qui offrent leur vie quand la République le demande mériteraient cette reconnaissance ! Mais ils ne font pas fortune. J’ai la faiblesse de croire qu’ils constituent cependant la plus précieuse de nos richesses, toute d’humanité, de chair et de sang.




Nous aurons toujours besoin de ces jeunes hommes et femmes pour ce métier de soldat, qu’aucune machine ne fera à leur place. Qui peut croire que la guerre devienne un jour l’affaire de robots commandés à distance par les « riches », contre des « pauvres » à la poitrine nue ? Aucune démocratie ne le supporterait. Les hommes sont condamnés à rester l’instrument premier du combat. Mais en trouvera-t-on encore longtemps pour porter nos armes ?

Rien n’est moins sûr si nous continuons à ignorer l’histoire de nos héros, qui est aussi celle de notre pays s’écrivant sous nos yeux. Rien n’est moins sûr si la nation n’y reconnait pas ses fils et persiste à refuser une considération qu’ils n’osent même plus solliciter, dans la cacophonie de ceux qui exigent tout et n’importe quoi. Une société « fabrique » ses défenseurs en leur offrant une place et une reconnaissance particulières. Elle génère, au sens propre, les volontaires qui feront le choix des armes malgré des contraintes exorbitantes. Un choix rationnel, qui n’est pas seulement la réponse à l’irrésistible appel d’une vocation.




Prenons garde que ces volontaires ne deviennent les victimes silencieuses d’un pays qui ne se rappellerait plus ni leur mérite, ni leur utilité, ni même d’avoir un jour exigé leur sacrifice. Nous ne les trouverions simplement plus.


Le général de corps d'armée Hervé CHARPENTIER,
cdt des forces terrestres- mai 2011

 

 

 

Sources images :

Image GCA H.Charpentier à Warehouse (6-8/04/11): crédit SIRPA T - Sch Le Pichon

Image Pdt N.Sarkozy : crédit AFP - Claude Paris

Images Hommage aux morts : crédit Association de Réservistes de la Marine

Image Soldat et l'enfant : crédit internet - anonyme

 

LES 20 COMMANDEMENTS POUR SE RECONVERTIR

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LES 20 COMMANDEMENTS POUR SE RECONVERTIR

 

par Thierry LEFEBVRE

ancien militaire reconverti en

Consultant Ressources Humaines

 

 

1.             Qui tu es devenu tu définiras

en faisant le point sur ton parcours

et en tirant parti de tes expériences.

 

 

2.             Ce que tu sais faire de ce que tu peux faire tu compareras

pour comprendre d’où tu pars

et appréhender où tu pourrais aller.

 

 

3.             Tes compétences et tes axes de progrès tu listeras

en repérant les savoirs à travailler

et en optant au besoin pour la formation.

 

 

4.             Toutes tes faiblesses tu accepteras

sans complaisance et avec objectivité

pour les transformer en alliés.

 

 

5.             Des talents cachés tu feras émerger

pour valoriser ces atouts supplémentaires,

en mesurer l’intérêt ou en fixer les limites.

 

 

6.            Tes motivations tu actualiseras

pour que ces moteurs d’action

génèrent forces et valeurs nouvelles.

 

 

7.             Dans l’avenir tu te projetteras

en conformant ton projet professionnel au marché de l’emploi

sans déséquilibrer tes autres domaines de vie.

 

 

8.             Ton opérationnalité tu vérifieras

en établissant un calendrier

et en respectant créneaux, étapes et objectifs.

 

 

9.             Des secteurs économiques « porteurs » tu viseras

en ciblant plusieurs activités de croissance

mais en restant rivé sur celles qui te correspondent.

 

10.         Des business possibles tu pèseras le pour et le contre

en inventoriant les opportunités

et en prenant conscience des risques.

 

 

11.         Conseils et encouragements tu trouveras

en t’appuyant sur de « bonnes personnes »

pour affiner ta propre personnalité.

 

 

12.         Des autres candidats tu te différencieras

en soignant ton avantage concurrentiel

et en affirmant avec authenticité ta plus value.

 

 

13.         Avec justesse tu te positionneras

en estimant ta vraie valeur par rapport au marché

et en sachant la justifier clairement.

 

 

14.         Les recruteurs tu détecteras

en évaluant les décideurs influents

et en développant des alliances stratégiques.

 

 

15.         Ta communication tu détermineras

en choisissant un angle d’approche pertinent

afin de t’adapter à tes interlocuteurs.

 

 

16.         Les relations sociales tu optimiseras

en boostant tes rendez-vous

et en saisissant toute opportunité de rencontre.

 

 

17.         Sans complexe ni tabou tu réseauteras

en sortant de ta tour d’ivoire

et en activant tes contacts et les contacts des contacts.

 

 

18.         Sur internet tu t’afficheras

en osant le web-networking

pour faire parler de toi non faire du buzz.

 

 

19.         Le chef qui est en toi tu réveilleras

en dynamisant ton leadership

et en libérant ta créativité.

 

 

20.         En alerte tu resteras

pour suivre les tendances du marché de l’emploi

et t’ajuster aux changements

 

S'IL VOUS PLAIT, EMBAUCHEZ UN SENIOR !

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« S’IL VOUS PLAIT, EMBAUCHEZ UN SENIOR ! »



C’était un endroit stratégique pour trouver du travail. Nous étions au cœur du MEDEF local.

Il y avait des chefs d’entreprise, ils s’étaient déplacés nombreux. Il y avait aussi des demandeurs d’emploi, ils étaient autant, mais plus empruntés, davantage inquiets. Pourtant la rencontre avait été organisée à leur intention. Si les premiers avaient pris sur leur timing overbooké pour répondre, c’était en effet pour écouter les seconds. Tous n’avaient pas un poste à pourvoir, certains ne s’étaient dérangés que par amabilité ou saluer un copain. Nonobstant un « sait-on jamais, il y a peut-être parmi eux la perle rare » trottait dans leur tête toujours à l’affût de chasseurs de tête.


Ils étaient donc là les recruteurs, c’était déjà beaucoup, les demandeurs d’emploi l’avaient compris ; à les observer, ils mesuraient qu’ils avaient eu raison d’assister à cet échange professionnel. C’était une opportunité salutaire, une chance de « se vendre ». Ils n’en appréciaient pas forcément la locution, mais ils devinaient que l’acception était vraie. En tout cas, ils se devaient de jouer le jeu ; quand on n’a pas le choix…

Le principe de la soirée était simple : à tour de rôle, chacun était invité à expliquer qui il est et ce qu’il fait ou voudrait faire. De fait, les décideurs promouvaient leurs produits et services, ils anticipaient sur leurs projets. Les demandeurs d’emploi énonçaient leurs compétences et qualités.

Au fur et à mesure que la file s’écoulait, tous devenaient confiants, l’humour gagnait du terrain, l’informel dans les comportements aussi. Après tout, ils étaient entre responsables et chacun pouvait apporter quelque chose à l’autre ; il suffisait de peu et c’était là tout l’enjeu d’exposer mutuellement sa recherche et ses attentes.


Vint le tour de l’homme qui s’était positionné dans un coin de la salle sous les néons blafards.

Ses cheveux étaient grisonnants, il ne portait ni cravate ni veste mais un blouson usagé aux plis incertains dont les tons tranchaient avec la couleur du pantalon. Il s’avança de trois pas. On lui passa le micro. Il hésita, pris sa respiration et se lança.

-« Bon… Ben… bonjour à tous, je suis André Lemercier et j’veux travailler. »

Pourquoi pas ! L’idée maitresse avait au moins le mérite d’être claire, même si la formulation n’était guère habile. Disons, même pas adroite du tout. Toujours était-il que le public se disposait à l’écouter avec cette courtoisie gênée qu’on a en présence de quelqu’un dont la tenue est douteuse et confuse l’expression. On le ressentait embarrassé, on le serait à moins. Il poursuivit.

-« J’veux travailler, or j’estime dommage qu’un sénior comme moi n’ait pas de job. »

Subitement, il improvisa sans discontinuer durant dix minutes.

-« Oui, il est temps que notre société redonne une place aux anciens. Alors, s’il vous plaît ouvrez vos portes aux quinquas. Comment peut-on vouloir obliger les citoyens à travailler jusqu’à soixante ans et plus, si la porte des entreprises se ferment sous leur nez dès quarante cinq ans ?... »

C’était parti. Tout y passa. La gouvernance approximative du pays, le destin tragique du l’humaine condition, la crise économique alliée à la mondialisation galopante et à la course à la productivité émaillèrent son exhortation revancharde et pessimiste. Il ne lui a manqué que d’évoquer l’écosystème planétaire en perdition et le massacre des bébés phoques pour être complet. Oui, même qu’au passage, nous apprîmes que nous étions mortels !

Tandis qu’il continuait son plaidoyer, si peu pro domo, en faveur des seniors et des autres parias de la société, je regardais moi l’assistance. Je l’ai vue consternée. Elle n’avait plus en face d’elle qu’un petit bonhomme qui, pouvait à la rigueur paraître en état de se battre, mais qui brouillait cette impression plutôt favorable par un « S’il vous plaît, soutenez un vieux. » Il était affligeant, tristement pitoyable.


Je ne dis pas qu’il ne faille pas tendre la main aux seniors, une telle pensée est odieuse autant que ridicule. Je ne dis pas non plus que si on n’est pas un communicant hors pair capable de pirouettes verbales d’exception, voire de faire les pieds au mur plus une roue et d’enchaîner par un salto arrière, point de salut… Je veux seulement m’adresser à mes pairs, j’ai leur âge, pour leur signifier deux choses.

La première est que ce n’est pas en quémandant un travail qu’on l’obtient. Il faut au contraire mettre en évidence, tout de suite, très vite, ses potentialités professionnelles en veillant à ne pas apparaître aux abois, prêt à n’importe quel sacrifice. Surtout ne pas supplier, ne rien mendier ! Faire appel à la sensibilité en matière de recherche d’emploi produit un effet inverse ; cela génère davantage le rejet et la pitié que l’envie d’aider. Car les chefs d’entreprise sont ce qu’ils sont : des femmes et des hommes avec une grande humanité, mais ce sont aussi des acteurs économiques soucieux de développer le chiffre d’affaires de leur structures. Que feraient-ils d’un nécessiteux ? Ils ne peuvent faire l’aumône tout le temps. Ils subissent déjà de lourdes charges. Ils vous répéteront à l’envi qu’ils cotisent suffisamment pour le social...

Le second point à se souvenir est qu’insister sur sa séniorité, c’est s’enfermer dans une dialectique qui dessert fatalement.

Seul dans le désert… l’homme s’évertuait à prouver que son passé parlait pour lui ; grave erreur ! Au lieu de se servir de son expérience comme d’un socle solide à des savoirs actualisés, il s’en servait comme d’un rétroviseur où il se mirait. Très vite, l’œil rivé sur lui-même, aveuglé par son petit « moi » au loin qui gesticulait, il ne percevait plus combien il en ressortait minuscule. Bien sûr qu’il avait des raisons d’être fier du parcours suivi, seulement aujourd’hui, il ne transmettait plus aucune envie de le suivre. A quoi bon ? Le passé était du passé et c’était sa vie, une vie qu’il ne vivrait qu’une fois, une vie que nul n’avait de motif de vivre à nouveau, surtout pas avec cet ancêtre rabougri et agité quitte, si jamais il en fut capable, à rebondir pour l’emmener ailleurs plus loin, plus avant.


Quand il eut fini sa litanie, quand il cessa sa plainte, il resta un moment hébété. Je tremblais pour lui. Ne restait qu’un vieillard ratatiné qui donnait l’impression de s’effondrer, de se liquéfier sur place. Dans une seconde, il allait s’évanouir, disparaître. Il avait dépensé tant d’énergie à se lamenter sur le sort du monde à s’en oublier lui-même que je craignais qu’il soit KO debout.

Mais le pire, vous savez quoi, ce fut mon appréhension que, tout d’un coup, je l’entende clamer haut et fort : « Faites-moi confiance, je suis de surcroît un ancien militaire… »

Entre nous, ça aurait été le comble !


C’est pourquoi, mes chers camarades, je vous en prie, ne vous abritez ni derrière votre âge, ni derrière votre carrière.

Il ne s’agit ni d’en avoir honte ni de les cacher, bien au contraire. Il s’agit d’en profiter pour, à l’inverse, exprimer avec vigueur et pertinence combien l’âge signifie savoirs divers et multiples et comment soldat est synonyme de battant.

Je vous le confie parce que je croise trop d’entre nous qui peinant à recouvrer un job prétextent qu’ils sont trop vieux avec des compétences non transférables dans le civil, rejetant sur autrui la faiblesse de leur discours, trop contents par là même de s’épargner une autocritique.

Thierry LEFEBVRE

 

Le ministère de la Défense face au défi de la reconversion professionnelle

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Le ministère de la Défense face au défi de la reconversion professionnelle

 

Avec près de 30.000 départs à gérer chaque année, la direction des ressources humaines du ministère de la Défense contrôle un vaste dispositif d'aide à la reconversion. La plateforme Défense Mobilité mise en place il y a trois mois en fait partie.

 

C'est l'un des plus importants turnovers de l'emploi public. Le ministère de la Défense doit gérer chaque année l'arrivée de près de 30.000 nouveaux fonctionnaires, mais surtout le départ de 30.000 de ses agents. Une situation qui s'explique par le statut particulier des militaires, embauchés pour des contrats allant de 2 à 5 ans.

 

Les agents contractuels représentent 70% des effectifs du ministère de la Défense. Armée de terre, Armée de l'air et Marine nationale sont concernées en permanence par cette gestion du flux de personnel. Avec, à la clé, un enjeu particulier : la formation. Car les métiers militaires ne sont pas tous directement transposables dans le civil. Autre difficulté : la plupart des reconversions s'effectuent vers le secteur privé. Sur les 30.000 départs annuels, seuls 1.000 demeurent dans la fonction publique.

 

Du militaire au civil : les clés de la reconversion

Une situation d'autant plus difficile cette année, qu'il faut y ajouter la réforme de la carte militaire et ses suppressions de postes (54.000 emplois en moins à la Défense), ainsi que la politique du non-renouvellement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. La question de la reconversion est donc cruciale pour les responsables ressources humaines du ministère.

 

"Il est important d'organiser le marché de la reconversion", soulignait Jacques Roudière, directeur des ressources humaines (DRH) des armées, lors des Rencontres de la modernisation de l'Etat. En 2009, le DRH estimait la chute du marché de l'emploi à 35%. "Nous prenons en charge des personnes qui ne sont pas toujours faciles à recaser", estime-t-il. "S'il est facile pour un cuisinier de la Marine de retrouver un emploi dans le civil, ce n'est pas aussi évident pour un militaire qui conduisait un char Leclerc !".

 

Le reclassement des militaires est donc pensé bien avant la fin de son contrat. Un service d'orientation est à sa disposition entre 12 et 18 mois avant son départ. Il est accessible à tous, quelle que soit la durée du contrat. Parmi les services proposés : l'entretien individuel établissant un bilan d'orientation, le bilan individuel de compétence, l'aide à la validation du projet professionnel.

 

Stages, formations ou VAE

Des mesures d'orientations collectives existent également en fonction des situations. Pour les orientations d'urgence, destinées aux militaires ayant une expérience de moins de quatre ans, une session d'orientation des jeunes militaires est prévue sur quatre jours. Pour les postes à très haute responsabilité, une session "orientation des généraux" d'une durée de six jours est proposée.

 

Un service de formation professionnelle offre ensuite des stages allant de quelques jours à plusieurs mois. Il met en place également une période de formation gratuite en entreprise pouvant aller jusqu'à six mois. Le ministère continue à rémunérer son agent pendant qu'il se forme dans une autre entreprise. Par ailleurs, le service des ressources humaines accompagne les agents qui souhaitent effectuer une validation des acquis de l'expérience (VAE).

 

Enfin, un service d'accompagnement direct vers l'emploi est mis en place pour les militaires ayant effectué au moins quatre ans au sein du ministère de la Défense. Au programme : des sessions de techniques et de recherche d'emploi, des périodes d'accompagnement vers l'entreprise, un accompagnement des cadres en métropole ou dans les DOM-TOM, etc.

 

Défense Mobilité : la reconversion vue par la RGPP

Depuis la fin du mois de mars 2009, toutes ces informations se trouvent désormais rassemblées sur une seule et unique plateforme : Défense Mobilité. Lancée par le ministère de la Défense, elle mutualise les moyens et informations déjà disponibles et vise à améliorer l'accès à l'information des personnels civils et militaires. Créée dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP), Défense Mobilité répond à un double objectif : la réorganisation du dispositif de reconversion pour accompagner la diminution des effectifs militaires dans le cadre de la réforme de la carte militaire, mais aussi la fusion des trois services de reconversion existants de longue date au sein des trois armées (Terre Reconversion, Marine Mobilité et Air Mobilité).

 

La plateforme s'adresse aussi bien au personnel militaire qu'au personnel civil travaillant au ministère de la Défense. Elle s'adresse également au personnel de la Gendarmerie nationale, relevant désormais du ministère de l'Intérieur. Gérée par le service des ressources humaines de la Défense, la structure possède dix "pôles intermédiaires" installés dans plusieurs grandes villes de France (Lille, Toulouse, Marseille, Lyon, Rennes, etc.).

 

L'objectif est également de développer les partenariats entre le ministère et les entreprises afin de faciliter la collecte des offres d'emploi. En offrant un guichet unique aux employeurs, la plateforme compte faciliter la relation entre militaires en attente de reconversion et entreprises. Depuis 2006, plusieurs partenariats ont déjà été mis en place avec une trentaine d'entreprises qui recrutent régulièrement des anciens militaires (Air France, Renault, Dassault, le groupe Safran, la Société générale ou encore la Fédération nationale des travaux publics, etc.).

 

Le système des emplois réservés

Si la plupart des agents du ministère de la Défense se tournent vers les entreprises du secteur privé à la fin de leur contrat, certains d'entre eux ont la possibilité de poursuivre leur carrière au sein d'autres ministères. Un certain nombre d'emplois dits "réservés" sont ainsi destinés chaque année aux militaires ayant achevé leurs missions et aux civils (conjoints, etc.) sous certaines conditions.

 

Partie intégrante du dispositif de reconversion, le système des emplois réservés connaît, lui aussi, une procédure de modernisation. Le décret du 5 juin 2009 a validé l'extension du dispositif à la fonction publique territoriale et hospitalière, alors qu'il ne concernait jusqu'alors que la fonction publique d'Etat. Il supprime les examens d'accès aux emplois réservés et instaure le "passeport professionnel", un document qui rassemble l'ensemble des qualifications issues de l'expérience professionnelle. Le recrutement est possible pour l'ensemble des catégories B et C de la fonction publique.

 

Afin de centraliser ces informations sur les emplois réservés, un site Internet a été créé à la fin du mois de juin (arrêté publié au Journal officiel du 16 juillet 2009). Il permet de télécharger les différents documents à compléter (dossier de candidature, passeport professionnel, formulaires candidats et employeurs).

 

Le prix de la réforme

Avec ces nouveaux dispositifs d'information et d'aide à la reconversion, le ministère de la Défense a pour objectif de passer le cap de la réforme militaire le mieux possible. Au cœur de son plan d'action : les nouvelles technologies, qui prennent une part de plus en plus importante dans les procédures de reconversion professionnelle, et de recrutement.

 

Mais l'accompagnement lors de la reconversion a un coût. Et pour Jacques Roudière, il se chiffre en dizaine de millions d'euros. Selon le directeur des ressources humaines des armées, pas moins de 147 millions d'euros sont consacrés cette année à l'accompagnement des restructurations à la Défense, dans le cadre notamment de la réforme militaire engagée par le gouvernement.

 

Les économies prévues dans le cadre de la RGPP sont-elles réalisables ? "Pour une embauche, on compte entre 10 et 15 présentations de candidat", ajoute Jacques Roudière, avec à chaque fois un accompagnement qu'il faut financer, "nous sommes prêts à mettre de 10 à 20.000 euros sur la table pour accompagner une reconversion", souligne-t-il. Le ministère propose également de racheter, au prix du marché, le logement du personnel touché par la fermeture d'un site militaire. Ou comment dépenser pour mieux économiser. Une devise qui devra prouver son efficacité dans les mois à venir.

Agnès VERY www.connexite.fr

 

 

Le ministère de la Défense face au défi de la reconversion professionnelle

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Le ministère de la Défense face au défi de la reconversion professionnelle

 

Avec près de 30.000 départs à gérer chaque année, la direction des ressources humaines du ministère de la Défense contrôle un vaste dispositif d'aide à la reconversion. La plateforme Défense Mobilité mise en place il y a trois mois en fait partie.

 

C'est l'un des plus importants turnovers de l'emploi public. Le ministère de la Défense doit gérer chaque année l'arrivée de près de 30.000 nouveaux fonctionnaires, mais surtout le départ de 30.000 de ses agents. Une situation qui s'explique par le statut particulier des militaires, embauchés pour des contrats allant de 2 à 5 ans.

 

Les agents contractuels représentent 70% des effectifs du ministère de la Défense. Armée de terre, Armée de l'air et Marine nationale sont concernées en permanence par cette gestion du flux de personnel. Avec, à la clé, un enjeu particulier : la formation. Car les métiers militaires ne sont pas tous directement transposables dans le civil. Autre difficulté : la plupart des reconversions s'effectuent vers le secteur privé. Sur les 30.000 départs annuels, seuls 1.000 demeurent dans la fonction publique.

 

Du militaire au civil : les clés de la reconversion

Une situation d'autant plus difficile cette année, qu'il faut y ajouter la réforme de la carte militaire et ses suppressions de postes (54.000 emplois en moins à la Défense), ainsi que la politique du non-renouvellement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. La question de la reconversion est donc cruciale pour les responsables ressources humaines du ministère.

 

"Il est important d'organiser le marché de la reconversion", soulignait Jacques Roudière, directeur des ressources humaines (DRH) des armées, lors des Rencontres de la modernisation de l'Etat. En 2009, le DRH estimait la chute du marché de l'emploi à 35%. "Nous prenons en charge des personnes qui ne sont pas toujours faciles à recaser", estime-t-il. "S'il est facile pour un cuisinier de la Marine de retrouver un emploi dans le civil, ce n'est pas aussi évident pour un militaire qui conduisait un char Leclerc !".

 

Le reclassement des militaires est donc pensé bien avant la fin de son contrat. Un service d'orientation est à sa disposition entre 12 et 18 mois avant son départ. Il est accessible à tous, quelle que soit la durée du contrat. Parmi les services proposés : l'entretien individuel établissant un bilan d'orientation, le bilan individuel de compétence, l'aide à la validation du projet professionnel.

 

Stages, formations ou VAE

Des mesures d'orientations collectives existent également en fonction des situations. Pour les orientations d'urgence, destinées aux militaires ayant une expérience de moins de quatre ans, une session d'orientation des jeunes militaires est prévue sur quatre jours. Pour les postes à très haute responsabilité, une session "orientation des généraux" d'une durée de six jours est proposée.

 

Un service de formation professionnelle offre ensuite des stages allant de quelques jours à plusieurs mois. Il met en place également une période de formation gratuite en entreprise pouvant aller jusqu'à six mois. Le ministère continue à rémunérer son agent pendant qu'il se forme dans une autre entreprise. Par ailleurs, le service des ressources humaines accompagne les agents qui souhaitent effectuer une validation des acquis de l'expérience (VAE).

 

Enfin, un service d'accompagnement direct vers l'emploi est mis en place pour les militaires ayant effectué au moins quatre ans au sein du ministère de la Défense. Au programme : des sessions de techniques et de recherche d'emploi, des périodes d'accompagnement vers l'entreprise, un accompagnement des cadres en métropole ou dans les DOM-TOM, etc.

 

Défense Mobilité : la reconversion vue par la RGPP

Depuis la fin du mois de mars 2009, toutes ces informations se trouvent désormais rassemblées sur une seule et unique plateforme : Défense Mobilité. Lancée par le ministère de la Défense, elle mutualise les moyens et informations déjà disponibles et vise à améliorer l'accès à l'information des personnels civils et militaires. Créée dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP), Défense Mobilité répond à un double objectif : la réorganisation du dispositif de reconversion pour accompagner la diminution des effectifs militaires dans le cadre de la réforme de la carte militaire, mais aussi la fusion des trois services de reconversion existants de longue date au sein des trois armées (Terre Reconversion, Marine Mobilité et Air Mobilité).

 

La plateforme s'adresse aussi bien au personnel militaire qu'au personnel civil travaillant au ministère de la Défense. Elle s'adresse également au personnel de la Gendarmerie nationale, relevant désormais du ministère de l'Intérieur. Gérée par le service des ressources humaines de la Défense, la structure possède dix "pôles intermédiaires" installés dans plusieurs grandes villes de France (Lille, Toulouse, Marseille, Lyon, Rennes, etc.).

 

L'objectif est également de développer les partenariats entre le ministère et les entreprises afin de faciliter la collecte des offres d'emploi. En offrant un guichet unique aux employeurs, la plateforme compte faciliter la relation entre militaires en attente de reconversion et entreprises. Depuis 2006, plusieurs partenariats ont déjà été mis en place avec une trentaine d'entreprises qui recrutent régulièrement des anciens militaires (Air France, Renault, Dassault, le groupe Safran, la Société générale ou encore la Fédération nationale des travaux publics, etc.).

 

Le système des emplois réservés

Si la plupart des agents du ministère de la Défense se tournent vers les entreprises du secteur privé à la fin de leur contrat, certains d'entre eux ont la possibilité de poursuivre leur carrière au sein d'autres ministères. Un certain nombre d'emplois dits "réservés" sont ainsi destinés chaque année aux militaires ayant achevé leurs missions et aux civils (conjoints, etc.) sous certaines conditions.

 

Partie intégrante du dispositif de reconversion, le système des emplois réservés connaît, lui aussi, une procédure de modernisation. Le décret du 5 juin 2009 a validé l'extension du dispositif à la fonction publique territoriale et hospitalière, alors qu'il ne concernait jusqu'alors que la fonction publique d'Etat. Il supprime les examens d'accès aux emplois réservés et instaure le "passeport professionnel", un document qui rassemble l'ensemble des qualifications issues de l'expérience professionnelle. Le recrutement est possible pour l'ensemble des catégories B et C de la fonction publique.

 

Afin de centraliser ces informations sur les emplois réservés, un site Internet a été créé à la fin du mois de juin (arrêté publié au Journal officiel du 16 juillet 2009). Il permet de télécharger les différents documents à compléter (dossier de candidature, passeport professionnel, formulaires candidats et employeurs).

 

Le prix de la réforme

Avec ces nouveaux dispositifs d'information et d'aide à la reconversion, le ministère de la Défense a pour objectif de passer le cap de la réforme militaire le mieux possible. Au cœur de son plan d'action : les nouvelles technologies, qui prennent une part de plus en plus importante dans les procédures de reconversion professionnelle, et de recrutement.

 

Mais l'accompagnement lors de la reconversion a un coût. Et pour Jacques Roudière, il se chiffre en dizaine de millions d'euros. Selon le directeur des ressources humaines des armées, pas moins de 147 millions d'euros sont consacrés cette année à l'accompagnement des restructurations à la Défense, dans le cadre notamment de la réforme militaire engagée par le gouvernement.

 

Les économies prévues dans le cadre de la RGPP sont-elles réalisables ? "Pour une embauche, on compte entre 10 et 15 présentations de candidat", ajoute Jacques Roudière, avec à chaque fois un accompagnement qu'il faut financer, "nous sommes prêts à mettre de 10 à 20.000 euros sur la table pour accompagner une reconversion", souligne-t-il. Le ministère propose également de racheter, au prix du marché, le logement du personnel touché par la fermeture d'un site militaire. Ou comment dépenser pour mieux économiser. Une devise qui devra prouver son efficacité dans les mois à venir.

Agnès VERY www.connexite.fr

 

 
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